Un tyran déchu qui banquette pendant que son peuple crève de faim — et un invité qu'il n'avait pas convié à sa table.
Une fable de vengeance et de partage : cette histoire vient du Leverian, racontée par Drusus à travers les vestiges d'un festin qui a très mal tourné pour son hôte.
Un tyran dans ses murs
Karishh de Riddha
Après la chute de l'Empire orokin, un Exécuteur survivant — une brute parfumée à la violette du nom de Karishh — règne sur Riddha, cité gelée et famélique d'Europa. À l'abri dans son manoir fortifié, l'humide et répugnant Karishh mène une vie de luxe pendant que ses citoyens exsangues obéissent au moindre de ses ordres, dans l'espoir de recevoir ses restes déjà mâchés.
Douze plats, douze estomacs
Alors que la ville meurt de faim sous ses fenêtres, Karishh commande un nouveau festin pour lui et ses sycophantes gloutons — douze plats pour chacun de ses douze sacs digestifs greffés. Et un invité, un seul, qu'il n'avait pas convié.
L'arrivée de Grendel
Une trace qui monte la colline
Il subsiste une tranchée peu profonde à travers les ruines — comme si un rocher colossal s'était détaché du manoir et avait dévalé la pente. Mais et si, au contraire, il l'avait remontée ?
Le Masseter en main
Les Dax de Karishh, ce jour-là, restent stupéfaits face à ce qu'ils voient : ils ne dégainent aucune lame, ne sonnent aucune alarme, alors qu'un orbe de chair fonce droit sur eux. Puis, dans un spasme d'entrailles, Grendel se dresse devant eux — son « couvert » à la main : le Masseter.
Le festin renversé
Devenus le repas
Des lambeaux de tissu assortis à l'élégant syandana de Grendel sont retrouvés accrochés aux vestiges des grilles dorées, tachés des preuves de sa... dégustation. La plupart des courtisans orokin présents au festin en sont, eux aussi, devenus le contenu.
La fuite de Karishh
Karishh lui-même s'enfuit en hurlant vers les collines de Riddha, aussi vite que le lui permettent ses douze lévitateurs exo-sacs.
Un allié familier
Un minuscule fragment appartenant à Gauss est retrouvé juste à l'extérieur de la ville — sans grande surprise pour Drusus, qui note que là où l'on trouve une trace de Grendel, on trouve presque toujours une trace de Gauss également.
Un partage inattendu
Pas par excès, mais par besoin
Le casque Grendel Glutt, au visage largement ouvert, presque semblable à une gueule, correspond bien à ses prédilections singulières et voraces. Mais Grendel n'a pas faim par excès de gloutonnerie — pas quand d'autres sont dans le besoin.
Une bénédiction volée aux oppresseurs
La tradition orale raconte que Grendel, tout juste repu de son repas, a parcouru les bas-quartiers misérables de Riddha, redonnant vigueur aux malades, aux infirmes, aux affamés et aux mourants — grâce au pouvoir qu'il venait de dérober, de dévorer, à leurs oppresseurs.
Les portes du manoir s'ouvrent
On imagine sans peine les masses de la ville, tout juste revigorées par la bénédiction de Grendel, prenant d'assaut le manoir. Les grilles brisées grandes ouvertes, ils reprennent ce qui leur appartenait : le contrôle de leur propre avenir.
Un rot venu des montagnes
Un festin qui dure jusqu'à l'aube
Cette nuit-là, le peuple de Riddha mange à sa faim, festoyant jusqu'à ce que les montagnes gelées s'illuminent chaudement à l'aube. C'est vers ces sommets roses que l'Exécuteur avait fui, Grendel à ses trousses.
Un son étrange, venu de loin
Quel a été son sort ? Drusus lui-même ne saurait le dire. Mais alors que le peuple festoyait encore, dit la légende, tous furent soudain frappés de silence par un son étrange et grave : un grondement porté de montagne en montagne — un unique rot, satisfait.
Ce qu'on ne sait toujours pas
Le sort final de l'Exécuteur Karishh, en fuite vers les montagnes, n'est jamais confirmé — Drusus lui-même admet ne pas pouvoir l'affirmer.
On ignore si Gauss et Grendel ont pris d'assaut la ville ensemble dès le départ, ou si Gauss se contentait d'intercepter les patrouilles pendant que son ami banquetait à l'intérieur — Drusus ne fait qu'émettre une hypothèse.
L'origine exacte de Grendel avant son arrivée à Riddha — qui il était, pourquoi il agit ainsi — n'est jamais abordée dans ce récit.