Une gardienne loyale, quatre loups fauchés un par un — et un deuil si immense qu'il a fallu voler l'immortalité elle-même pour ne jamais les laisser partir.
Une vengeance racontée à travers des reliques : ce récit du Leverian retrace la chute d'une gardienne autrefois paisible, et la naissance de la créature fusionnée qu'elle est devenue cette nuit-là.
La gardienne du Circulus
Une meute au service d'un temple
Voruna était autrefois la gardienne obéissante du Circulus, le plus sacré des temples du Clergé Yuvan, niché sur Lua. Telle une bête loyale, elle parcourait la lune aux côtés de quatre loups à crinière d'acier : le furtif Dynar, le vivifiant Raksh, l'imperturbable Lycath, et le farouche Ulfrun.
La Continuité, un rituel pervers
Voler un corps pour ne jamais mourir
Ce que cette meute protégeait était pourtant une abomination : lors d'une cérémonie saturée de Kuva, un candidat orokin forçait sa propre conscience dans un nouveau corps choisi — le Yuvan — reléguant l'esprit de son infortuné propriétaire d'origine à l'oubli total. Ce procédé d'extension de vie portait un nom : la Continuité.
Exécuteur Tuvul
Tuvul, l'un des Sept dirigeants de l'Empire, était à la tête du Clergé Yuvan — les hauts officiants chargés d'orchestrer ce rituel.
Un dernier recours désespéré
Le seul survivant
Une nuit d'horreurs laisse tout le monde mort, déchiqueté — tous, sauf Tuvul, désormais traqué. Il abandonne sa famille à ce carnage, ses amis aux flammes, et force ses esclaves à transporter son corps mourant et décrépit vers un dernier refuge.
Un enfant en guise de secours
Là, Tuvul improvise une cérémonie de fortune : plutôt qu'une Soprana pour l'accompagner, un simple Mandachord joue des notes automatisées ; et plutôt qu'un Yuvan préparé, un cryopode inhabituel contient un jeune enfant, endormi paisiblement — son ultime recours.
Le grimoire d'Albrecht
Un savoir volé au Père du Void
Dans les mains de Tuvul se trouvaient un artefact et un codex ayant appartenu à nul autre qu'Albrecht Entrati lui-même — le Père du Voyage dans le Néant, un homme ayant sacrifié sa propre raison à cette même science. Tuvul ouvre le livre à des pages étranges et profanes, probablement dans l'espoir de se protéger des horreurs que le Néant s'apprêtait à déchaîner.
La meute décimée
Une horde invoquée
Alors que les incantations commencent, une horde de manifestations monstrueuses surgit, probablement issue des propres vices de Tuvul. Voruna et sa meute se jettent dans la mêlée, taillant les créatures en pièces — mais le nombre finit par les submerger.
Tombés un par un
Raksh est le premier à tomber sous les lames tranchantes. Puis Lycath, puis Dynar. Enfin, le plus farouche d'entre eux, Ulfrun, est abattu à son tour.
Le deuil de Voruna
Un premier hurlement de chagrin
Voruna avait hurlé bien des fois auparavant — de faim, de colère, de triomphe. Mais pour la toute première fois, elle hurle de chagrin pur.
Un rituel détourné
Alors que le rituel de Tuvul touche à son apogée, Voruna ramasse les têtes tranchées de ses loups tombés au combat et écarte Tuvul de force — s'appropriant la Continuité pour la retourner contre son but premier, et se l'appliquant à elle-même.
Une renaissance fusionnée
Une seule entité, née de la perte
Aspergée, avec les têtes de ses compagnons tombés, du sang bouillonnant du rituel, Voruna et sa meute renaissent — désormais fusionnés en une seule et même entité.
La vengeance achevée
Cette nouvelle Voruna, née de son propre deuil, se retourne sur-le-champ contre Tuvul et le dévore sans la moindre pitié.
Ce qu'on ne sait toujours pas
Les circonstances exactes du massacre qui a précédé cette nuit — celui qui a laissé Tuvul comme seul survivant, en fuite — ne sont jamais racontées.
Comment Tuvul s'est procuré le grimoire et le codex d'Albrecht Entrati, ni la nature exacte de ce texte, ne sont jamais expliqués.
Le sort final de l'enfant endormi dans le cryopode, une fois le rituel interrompu par Voruna, n'est jamais précisé.